Marie-Catherine Arrighi
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"Les Littéraires", "Monde Illustré", Dessin/peinture grand format

Amour – Bon’, Fol’ et Fin’Amor

Cycle
Les littéraires

Référence littéraire
Romans courtois médiévaux à nos jours

Technique
Aquarelle, papier tendu sur châssis

Format
45cm x 62cm

3 peintures monochromes sur papier présentées sur l’installation « Amour – en français dans le texte » (voir l’installation)

Le mot « Amour » en langue française a vu sa signification s’enrichir au début du Moyen-Âge avec l’apparition du concept d’ « amour courtois » et sa diffusion via la littérature.


Depuis lors, le mot « amour » en français, n’a jamais cessé d’être habité de ces résonances. Sa traduction dans d’autres langues (qu’elles soient asiatiques, arabes, africaines, etc.) restera en conséquence difficile et inexacte au regard d’une déperdition de sens qui fait la spécificité universelle du mot « amour ».

Amour, en français dans le texte

Le sens des expressions actuelles telles que « grand amour », « l’Amour avec un grand A », ou tout simplement « amoureux » et «amoureuse » sont toutes les vivantes héritières d’un concept littéraire émergeant au début du Moyen-Âge dans le sud de la France (en Occitanie plus exactement), inspiré des chansons des troubadours. Son succès fut tel qu’il infusa le terme jusqu’à nos jours.
Ce concept sera identifié et désigné au XIXème siècle (époque qui se réintéresse aux sources médiévales ) par l’expression d’ « amour courtois ». Il syncrétiste 3 pans auparavant distincts de type de sentiments entre 2 êtres, le tout dans un équilibre de réciprocité.
L’amour courtois est une création littéraire visant à présenter un idéal, héritière des mœurs « païennes ». Il n’est pas anodin de remarquer que le concept de « grand amour » émerge pendant que s’implante le monothéisme et lui oppose un autre idéal. Il se situe dans une relation horizontale et corporelle, car incarnée, tandis que le monothéisme chrétien propose un amour vertical, désincarné et spirituel. Le succès de l’amour courtois, qui propose d’éprouver la joie et le bonheur de son vivant, se constate à travers son irrigation de la production littéraire. Partie du Sud de la France, la littérature courtoise remonte peu à peu jusqu’en Bretagne.

L’installation propose de présenter les 3 concepts qui vont être assembler à cette époque. J’utiliserai donc les expressions en ancien français telles qu’on les retrouve dans les sources.

Le « bon’amor » désigne un fort sentiment d’amitié. On le retrouve donc généralement entre 2 ami(e)s et c’est surtout, à l’époque, l’expression consacrée pour désigner les sentiments tendres et stables entre mari et femme (rien de très rock&roll donc dans les liens matrimoniaux…).
Le « fol’amor » qu’on pourra traduire littéralement par « amour fou » désigne moins un sentiment que, concrètement, l’amour physique et sensuel. Il renferme aussi l’idée que le plaisir charnel, relevant d’une expression très instinctive entre 2 êtres, les écartent des normes sociales et de ses restrictions.
Le « fin’amor », ou amour fin, désigne un sentiment élevé, plus spirituel donc. Il est souvent confondu à tord avec le concept d’amour courtois dont il n’est qu’un pan. Le fin’amor est un accord des esprits qui pourra se passer des mots (terreau du bon’amor) et du corps (base du fol‘ amour). Le fin’amor résistera à la séparation qui même le renforcera. Parce que cet amour est intellectualisé, les 2 partis n’auront de cesse de se montrer digne l’un de l’autre dans leurs actions respectives. Le fin’amor a pour moteur l’admiration réciproque.

C’est donc sur l’assemblage inédit du bon‘amor’, du fol’amor, et du fin’amor que le concept de « grand amour » se forme en ces temps réculés. Cet idéal désirable imprégnera les esprits via notamment la littérature qui sera la forme la plus propice à en développer des exemples au fil des siècles et jusqu’à nous jours.
Cette œuvre cherche donc à rappeler sensiblement à la mémoire commune ce qui fait la richesse de ce mot français (le plus connu à l’étranger), et les fondements de son caractère singulier.

Avec mon bon’amor,
Marie-Ca.

Amour – Bon’, Fol’ et Fin’Amor

Cycle
Les littéraires

Référence littéraire
Romans médiévaux à nos jours

Technique
Aquarelle monochrome, papier tendu sur châssis

Format
45cm x 62cm

( Aquarelle sur papier tendu longue conservation sans acide )

BonAmor-FolAmor-FinAmor-triptyque de Marie-Catherine Arrghi-Amour3 dessins inspirés du sens premier d'amour apparu dans les romans courtois médiévaux
Amour – fin’ amor, fol et bon’ amor (3 peintures monochromes sur papier)
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détail
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faux livre – réplique de « Sixtine – Roman de la vie cérébrale « 

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